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Souveraineté numérique TPE PME : maîtrisez vos dépendances avant qu’elles ne deviennent des risques

Illustration de la cartographie des dépendances numériques d'une TPE PME vis-à-vis des fournisseurs cloud américains

Conformité numérique

Vous utilisez Gmail, Microsoft 365, Google Drive, Zoom ou Salesforce. Ces outils sont efficaces et accessibles. Mais avez-vous mesuré ce que vous perdriez si l’un de ces fournisseurs modifiait ses tarifs, changeait ses conditions ou interrompait son service demain ?

La souveraineté numérique TPE PME n’est pas un sujet réservé aux grandes entreprises ou aux administrations. C’est une réalité qui concerne chaque structure française — aujourd’hui, concrètement, dans vos outils du quotidien.

Ce que disent les chiffres — et ils sont brutaux

83% des dépenses cloud et logiciels des entreprises européennes profitent à des acteurs américains. Ce chiffre, révélé par le Cigref et repris en Conseil des ministres en juin 2025, illustre l’ampleur de notre dépendance collective. Selon l’Institut Montaigne, 70% des données françaises sont hébergées hors de l’Union européenne.

Autrement dit : la majorité des données de vos clients, de vos salariés, de vos contrats et de vos finances transitent ou sont stockées chez des acteurs soumis à des législations étrangères — et notamment au Cloud Act américain.

Ce n’est pas une théorie
C’est votre situation actuelle, très probablement. Et elle a des implications juridiques concrètes dès aujourd’hui.

Le Cloud Act : la loi américaine que vos outils ne vous ont jamais mentionnée

Adoptée en 2018, le Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) oblige les entreprises technologiques américaines — Microsoft, Google, Amazon, Salesforce, Zoom, Slack — à fournir aux autorités américaines les données qu’elles gèrent, même si ces données sont hébergées sur des serveurs situés en Europe.

Vos données peuvent être physiquement à Paris ou Frankfurt. Si elles sont gérées par une société américaine, elles restent accessibles par Washington — sans passer par la justice européenne.

La CNIL le rappelle dans ses recommandations sur les transferts de données : l’utilisation de services cloud américains pour des données personnelles présente un risque réel de non-conformité RGPD — même avec des clauses contractuelles types en place.

Souveraineté numérique TPE PME : trois risques concrets que vous n’avez peut-être pas mesurés

Risque juridique — vos données personnelles — celles de vos clients, de vos salariés, de vos prospects — sont potentiellement accessibles par des autorités étrangères sans votre consentement et sans recours possible. C’est une violation potentielle du RGPD dont vous êtes responsable en tant que responsable de traitement.

Risque opérationnel — si votre fournisseur cloud américain modifie ses tarifs, ferme un service ou subit une panne majeure, votre activité s’arrête. Votre continuité d’activité repose-t-elle sur une décision que vous ne contrôlez pas ?

Risque stratégique — vos données commerciales, vos contrats, vos innovations, vos stratégies de développement peuvent théoriquement faire l’objet d’une demande des autorités américaines dans le cadre d’une enquête. C’est un risque d’espionnage économique que peu de TPE et PME ont intégré dans leur gestion des risques.

Ce que confirme le baromètre Cesin 2026
Selon le baromètre du Cesin (janvier 2026), réalisé par Opinion Way auprès de 400 responsables cybersécurité, « la souveraineté est devenue un enjeu de gestion du risque ». Plus d’une entreprise sur deux se déclare désormais concernée.

Ce que le gouvernement français a compris — et commence à faire

Le signal est fort. Le 8 avril 2026, la DINUM a annoncé la sortie de l’État de Windows au profit de Linux. 80 000 agents de l’Assurance maladie migrent vers des outils souverains. Le gouvernement a lancé officiellement l’Observatoire de la souveraineté numérique le 26 janvier 2026.

En novembre 2025, onze entreprises européennes majeures — dont Airbus, Dassault Systèmes, Orange et OVHcloud — ont créé l’European Sovereign Tech Industry Alliance (ESTIA) pour définir juridiquement le cloud souverain et protéger les données européennes contre les lois extraterritoriales.

Ce virage ne concerne pas que les administrations. Il redessine le paysage numérique français et envoie un signal clair : la souveraineté numérique est devenue une priorité stratégique nationale.

Souveraineté numérique TPE PME : cartographiez vos dépendances en 4 étapes

La première erreur face à ce sujet est de penser qu’il faut tout changer immédiatement. La première étape est de comprendre où vous en êtes.

Étape 1 — Listez vos outils numériques
Messagerie, stockage, CRM, comptabilité, RH, visioconférence, sauvegardes, site web, newsletter… Pour chaque outil, identifiez l’éditeur et le pays d’origine. Un simple tableau suffit.

Étape 2 — Classez vos données par sensibilité
Les données personnelles de vos clients et salariés, vos contrats, vos données financières et vos informations stratégiques sont prioritaires. Les données publiques ou peu sensibles le sont moins.

Étape 3 — Croisez outils et données
Quelles données sensibles transitent dans quels outils ? Un CRM américain contenant toutes vos fiches clients, c’est un risque RGPD et Cloud Act simultané. Un outil de comptabilité hébergé hors UE avec vos données financières, c’est un risque stratégique.

Étape 4 — Identifiez vos priorités d’action
Sur la base de ce croisement, identifiez les 2 ou 3 situations qui présentent le niveau de risque le plus élevé. Ce sont vos priorités — pas l’ensemble du tableau.

Ce que vous pouvez faire concrètement

  • Données sensibles → hébergeurs français certifiés SecNumCloud ANSSI : OVHcloud, Scaleway, Outscale
  • Stockage et fichiers → Nextcloud (open source européen, hébergeable en France)
  • Documents collaboratifs → OnlyOffice, alternative souveraine à Google Docs
  • Visioconférence → Jitsi, solution open source sans dépendance américaine
  • Messagerie → Infomaniak Mail (Suisse) ou Proton Mail pour les données sensibles
  • CRM → SuiteCRM ou Dolibarr, alternatives européennes open source

Consulter également les recommandations CNIL sur la sécurité cloud.

Par où commencer ? Évaluez votre souveraineté numérique en 5 minutes

La souveraineté numérique n’est pas un projet de rupture totale. C’est une trajectoire progressive, pragmatique, adaptée à vos contraintes de temps et de budget. L’essentiel est de commencer par mesurer votre exposition réelle.

DUO Conseil accompagne les TPE, PME et collectivités dans leur démarche de souveraineté numérique : cartographie des dépendances, analyse des risques RGPD liés aux transferts de données, recommandations d’outils souverains adaptés à votre activité.

Notre outil d’évaluation de la souveraineté numérique est gratuit, anonyme et donne un résultat immédiat. En 5 minutes, cartographiez vos dépendances et obtenez des recommandations concrètes adaptées à votre structure. Aucune donnée personnelle collectée.

La souveraineté numérique TPE PME n’est pas une contrainte de plus. C’est la capacité à exercer votre activité librement, sans dépendre de décisions prises à l’étranger.

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